A l'origine, cette grande "hallebarde" était une arme guerrière redoutable. Elle permettait de tenir son adversaire à distance et même d'attaquer les chevaux et leur cavalier. C'était l'arme préférée des guerriers qui semaient la terreur dans le sud du Japon. Le fusil fit disparaître les armes anciennes, mais les Japonais ont continué jusqu'à nos jours, à pratiquer le Naginata pour péréniser leur culture.
En 1955, la Fédération Japonaise de Naginata fut créée. Elle rassembla toutes les écoles existantes pour homogénéiser l'entraînement avec des règles bien définies et un ensemble d'exercices techniques : le KIHON. En 1973, les responsables du Kendo français demandent à l'une des pratiquantes d'aller au Japon étudier le Naginata.
Dès son retour, celle-ci forme un groupe et le Naginata entre à la Fédération Française de Judo Kendo et Disciplines Associées (FFJDA) en 1974. Il y trouvera l'aide nécessaire à son développement. En 1984, le Naginata est reconnu sport national au Japon. En 1990 a lieu la première rencontre internationale à Tokyo, rassemblant huit pays dont 4 européens : la Belgique, la Hollande, la Suède, et la France.
La France fut médaille d'argent, derrière le Japon. Elle a gardé cette place aux deux premières éditions des championnats du monde.
L'ARME :
Le Naginata souvent appelé à tort "escrime à la lance" se pratique avec une arme de 2,30 mètre environ : sa hampe de 1,80 mètre se termine par une lame de 50 cm semblable à celle d'un sabre courbe.
Pour la pratique sportive, cette lame est remplacée par deux lattes de bambou.
Naginata d'entrainement

Naginata réelle
LA TENUE VESTIMENTAIRE :
Le KEIKOGI : veste blanche en coton à manche courte, attachée avec un OBI (ceinture) blanc.
Le HAKAMA : pantalon très large plissé bleu marine, traditionnel au Japon.
Le TENUGUI : bandeau qu'on enroule autour du front, sous le men.
L'armure est généralement louée ou prêtée par les clubs ainsi que l'arme au début de la pratique.
L'armure de protection (BOGU) est composée :
- d'un masque grillagé avec des protections pour les épaules et la gorge, appelé MEN
- de deux gants rembourrés, pour la protection des mains, des poignets et de la partie
inférieure des avant-bras: les KOTE
- d'une cuirasse de protection du devant du buste et des flancs, le DO
- d'un tablier de protection des hanches : le TARE
- des protections des jambes : les SUNE ATE

LA PRATIQUE :
Le Naginata se pratique sur un plancher de bois, pieds nus. La règle consiste à aller frapper avec la lame de la Naginata une des parties de l'armure : MEN, KOTE, DO, TSUKI, SUNE, en respectant la même règle "d'unité" que pour le Kendo. Les frappes fondamentales portent le même nom que les protections (coups à la tête : MEN ; coup à l'avant bras le plus avancé : KOTE ; coup au flanc : DO ; coup aux jambes : SUNE. S'ajoute à ces frappes de coupe, un coup d'estoc (TSUKI) de la pointe de l'arme sur la protection de la gorge.
QUI PEUT PRATIQUER :
L'entraînement du Naginata convient aussi bien aux femmes aux hommes et aux enfants. Les entraînements sont mixtes et peuvent mélanger les générations car les plus expérimentés savent contrôler leur arme. Le premier principe est de comprendre que la Naginata est une arme blanche et non un bâton.
QUALITES, AVANTAGES ET ACQUISITIONS :
- L'arme étant peu connue, il existe peu de référence antérieure. Tous les pratiquants sont égaux lors de l'apprentissage, quels que que soient l'age, le sexe, la taille et le poids.
- Une grande rectitude de la colonne vertébrale, et un bon équilibre du corps sur les hanches sont indispensables au maniement efficace de l'arme. Ces qualités s'acquièrent à l'entraînement.
- Aucune articulation n'est brutalisée, même pendant les combats. Les combats, sont réels mais sans brutalité.
- Les cris qui accompagnent les coups libèrent certaines inhibitions. Apprendre à crier et à se battre sans retenue d'énergie (d'une manière ludique et dans le respect de l'autre), permet d'écacuer les soucis de la vie quotidienne.
LA COMPETITION :
Il existe deux sortes de compétitions en naginata : les compétitions combats et les compétitions techniques.
Les règles pour la compétition combat :
L'aire de combat est un carré de 12m de côté.
Combats en individuel :
En règle générale, les combats en individuel sont jugés par SAN-BON-SHOBU.
Dans SAN-BON-SHOBU, le combattant qui le premier marque deux points dans le temps imparti est déclaré vainqueur. A l'issue du temps règlementaire, celui des combattants qui a un point marqué est déclaré vainqueur.

Si le combat est à égalité de point marqué dans le temps imparti, une prolongation (ENCHO) est décidée au cours de laquelle le premier combattant qui marque un point est déclaré vainqueur. Au cas où le combat serait toujours nul, il peut y avoir jusqu'à trois prolongations.
Selon les conditions de la compétition, un combat peut être déclaré nul (HIKIWAKE).
Combats par équipe :
Les combats en individuel de chaque membre de l'équipe sont effectués.
L'équipe gagnante est celle qui a le plus de membres vainqueurs.
Les règles pour la compétition techniques :
Le but des compétitions techniques est d'encourager la diffusion et le développement du Naginata correct. Les compétitions techniques sont effectuées sur une superficie déterminée par groupes de deux participants concourant avec des WAZA (technique).

Les compétitions techniques sont réalisées soit en effectuant les KATA, définis par la ALL JAPAN NAGINATA FEDERATION, soit en démontrant les techniques de la discipline (SHIKAKE/OOJI WAZA).
LES ECHANGES AVEC LE KENDO :
Le Naginata et le Kendo ayant de grandes similitudes, les combats entre les pratiquants de ces deux disciplines sont possibles. Ces échanges apportent aux deux protagonistes une possibilité de progression et d'enrichissement supplémentaire.
